Le texte littéraire dans sa dimension communicative et didactique
Coordonné par Saddek Aouadi et Jacques Cortès
Mythogenèse héroïque et élévation dans l’art à travers : les exempla mythiques et bibliques dans Les Fleurs du mal de Baudelaire
Le voyage comme élément de la construction identitaire chez Nina Bouraoui
La mise en scène littéraire de l’Histoire dans Hold-up à la Casbah de Tarik Djarroud
Investissement du sens et choix onomastique dans L’Obéissance de Suzanne Jacob
Le dédoublement du héros dans El Euldj, Captif des Barbaresques de Chukri Khodja
Héros marginal, récit fragmenté, écriture transgressive : Meursault, contre-enquête de Kamel Daoud
Les… interrogations de Philippe Djian
L’écriture d’une mémoire partagée : chocs esthétiques, trauma et devenir écrivain dans C’est quoi un Arabe ? de Maissa Bey
Représentation esthétique et guerre de libération chez Mohamed Boudia
Le tragique, un concept à la recherche de sa définition
La nature de l’Homme Bleu vs la culture de l’Homme Blanc dans Désert de Le Clézio
Désert et nomadisme à la croisée des cultures chez Malika Mokeddem et Isabelle Eberhardt
Histoire, mémoire, fiction et deuil dans Où j’ai laissé mon âme de Jérôme Ferrari
Varia
La compétence scripturale à l’école moyenne en Algérie : Faut-il revoir les pratiques enseignantes en matière de consignes ?
L’évaluation de la compétence textuelle : analyse des connecteurs chez des étudiants algériens de FLE
La fonction syntaxique intraphrastique de la ponctuation : Quel enseignement au collège algérien ?
Adaptation d’anthroponymes algériens à l’orthographe française
Ethos diplomatique multicéphale dans le discours de la négociation au Conseil de sécurité
Synopsis
Ce vingt quatrième numéro de Synergies Algérie est placé sous l’égide posthumique d’Albert Camus, grand amoureux de l’Algérie, sa terre natale. Il aurait certainement été touché par ce recueil d’articles émanant de jeunes (et moins jeunes) chercheurs algériens commentant, dans un français de qualité, des textes romanesques ou techniques eux-mêmes écrits par des femmes et des hommes de lettres célèbres (ou en passe de le devenir), également algériens pour la plupart d’entre eux. Camus en aurait simplement été fier – comme nous le sommes aujourd’hui – 56 ans après sa tragique disparition. Mais une grande question métaphorique est posée dès le titre de la Préface, encore par une citation de Camus lui-même : « l’Art est-il un luxe mensonger ? ». Cette interrogation ouvre implicitement sur l’infini des comparaisons et similitudes dont la langue française (mais elle n’est évidemment pas la seule) est particulièrement friande, et qui sont tout le sel de son apprentissage tant poétique que philosophique. Comment poser cette question sans évoquer ce qu’elle comporte d’un doute assez général, qui, exactement à la même date (1957), faisait dire à Vladimir Jankélévitch, dans la première mouture de son volume intitulé « le Je-ne- sais-quoi et le Presque-rien », ces mots méritant réflexion : « quand on ne peut plus pénétrer dans l’intime profondeur de la substance, on peut tourner et retourner autour de ses circonstances ; quand on ne peut plus rien dire sur le mystère lui-même, on peut encore me disserter ou bavarder à son propos, raconter des faits divers ou des anecdotes »... etc. Ce sont là de plaisantes mais saines et sévères mises en garde auxquelles tout critique littéraire se trouve constamment confronté et qu’il est donc bon de rappeler au seuil de la lecture d’un ensemble d’articles apparaissant comme autant d’essais tentés par des chercheurs parfaitement avertis de la difficulté d’une besogne consistant à rendre compte, sans trop déraper ou s’égarer, de la ou des « manière(s) et occasion(s) », que choisit un auteur pour dire les choses de la vie.

