Couverture de Synergies Algérie nº 24Numéro 24 - Année 2017

Le texte littéraire dans sa dimension communicative et didactique

Coordonné par Saddek Aouadi et Jacques Cortès

Synopsis

Ce vingt quatrième numéro de Synergies Algérie est placé sous l’égide posthumique d’Albert Camus, grand amoureux de l’Algérie, sa terre natale. Il aurait certainement été touché par ce recueil d’articles émanant de jeunes (et moins jeunes) chercheurs algériens commentant, dans un français de qualité, des textes romanesques ou techniques eux-mêmes écrits par des femmes et des hommes de lettres célèbres (ou en passe de le devenir), également algériens pour la plupart d’entre eux. Camus en aurait simplement été fier – comme nous le sommes aujourd’hui – 56 ans après sa tragique disparition. Mais une grande question métaphorique est posée dès le titre de la Préface, encore par une citation de Camus lui-même : « l’Art est-il un luxe mensonger ? ». Cette interrogation ouvre implicitement sur l’infini des comparaisons et similitudes dont la langue française (mais elle n’est évidemment pas la seule) est particulièrement friande, et qui sont tout le sel de son apprentissage tant poétique que philosophique. Comment poser cette question sans évoquer ce qu’elle comporte d’un doute assez général, qui, exactement à la même date (1957), faisait dire à Vladimir Jankélévitch, dans la première mouture de son volume intitulé « le Je-ne- sais-quoi et le Presque-rien », ces mots méritant réflexion : « quand on ne peut plus pénétrer dans l’intime profondeur de la substance, on peut tourner et retourner autour de ses circonstances ; quand on ne peut plus rien dire sur le mystère lui-même, on peut encore me disserter ou bavarder à son propos, raconter des faits divers ou des anecdotes »... etc. Ce sont là de plaisantes mais saines et sévères mises en garde auxquelles tout critique littéraire se trouve constamment confronté et qu’il est donc bon de rappeler au seuil de la lecture d’un ensemble d’articles apparaissant comme autant d’essais tentés par des chercheurs parfaitement avertis de la difficulté d’une besogne consistant à rendre compte, sans trop déraper ou s’égarer, de la ou des « manière(s) et occasion(s) », que choisit un auteur pour dire les choses de la vie.