Couverture de Synergies Pays Riverains de la Baltique nº 17Numéro 17 - Année 2023

Geste mental / Geste verbal en linguistique, poétique et acquisition des langues

Coordonné par Elena Vladimirska et Serge Tchougounnikov

Introduction. Geste verbal et geste mental dans une perspective interdisciplinaire et transversale de l’activité du langage

Elena Vladimirska, Serge Tchougounnikov

La conscience gestuelle : geste, transformation, expression. Le geste verbal chez Ernst Cassirer et dans la poétique formaliste

Serge Tchougounnikov, Eva Werth

Le vouloir-dire en tant que geste verbal et cognitif

Samir Bajrić, Isabelle Monin

La mécanique intuitionnelle repose-t-elle nécessairement sur le tenseur binaire radical ?

Peiyao Xiong

Du geste mental au geste verbal, de la catégorisation cognitive à la catégorisation linguistique : nouvelle approche pour analyser les faits de langue chinoise

Yiqing Meng

La cacophonie du geste dans les bandes dessinées et jeux vidéo, entre interjections et onomatopées

Romane Peignier

Sur la catégorisation des proverbes français/lettons/russes en tant que gestes verbaux

Olga Billere

L’activisme écologique des jeunes sur les réseaux sociaux ou la mise en scène de soi

Elodie Vargas

La communication non verbale en contexte scolaire : (dis)joindre le geste et la parole ?

Isabelle Monin, Damien Deias

Construction et acquisition de contenus sémantiques par l’illustration des gestes dans les livres jeunesse

Dubravka Saulan

Varia

Compte rendu

Synopsis

Depuis les débuts du structuralisme, les gestes ainsi que l’intonation ont été marginalisés comme relevant du plan de la parole, laquelle, contrairement à la langue dans la dichotomie saussurienne, ne pouvait pas constituer un objet de la linguistique au sens propre. Ainsi, le mimique-gestuel se voit encore souvent rangé sous l’étiquette de la communication non verbale, para-verbale, et reste réservé essentiellement aux études psychologiques, éthologiques, etc. où il est appréhendé avec toute sorte de manifestations et d’attitudes corporelles, telles que sourires, larmes, rougeurs, hoquets, etc. Or, la linguistique actuelle, après avoir réhabilité la prosodie à la suite de l’émergence des études de l’oral, remet également en cause l’approche du geste comme d’un phénomène exclusivement para-linguistique et complémentaire à une expression verbale, et manifeste un intérêt croissant pour l’étude du rapport profond et complexe qui unit le geste et le langage.

Ce numéro invite à une réflexion sur les notions de geste verbal et de geste mental dans une perspective interdisciplinaire et transversale de l’activité du langage. Les études réunies relèvent aussi bien de la linguistique que de l’analyse du discours, de la neurolinguistique, de la poétique formelle, de la néoténie linguistique, etc., en apportant ainsi un nouvel éclairage quant à la place du geste dans les sciences du langage.