Geste mental / Geste verbal en linguistique, poétique et acquisition des langues
Coordonné par Elena Vladimirska et Serge Tchougounnikov
Introduction. Geste verbal et geste mental dans une perspective interdisciplinaire et transversale de l’activité du langage
La conscience gestuelle : geste, transformation, expression. Le geste verbal chez Ernst Cassirer et dans la poétique formaliste
Le vouloir-dire en tant que geste verbal et cognitif
La mécanique intuitionnelle repose-t-elle nécessairement sur le tenseur binaire radical ?
Du geste mental au geste verbal, de la catégorisation cognitive à la catégorisation linguistique : nouvelle approche pour analyser les faits de langue chinoise
La cacophonie du geste dans les bandes dessinées et jeux vidéo, entre interjections et onomatopées
Sur la catégorisation des proverbes français/lettons/russes en tant que gestes verbaux
L’activisme écologique des jeunes sur les réseaux sociaux ou la mise en scène de soi
La communication non verbale en contexte scolaire : (dis)joindre le geste et la parole ?
Construction et acquisition de contenus sémantiques par l’illustration des gestes dans les livres jeunesse
Varia
L’identité sémantique et la variation du marqueur letton it kā : analyse sémantique et énonciative du corpus de letton moderne
Manières d’aborder la liberté : comparaison des versions française, anglaise et arabe de la chaîne transnationale France24
Compte rendu
Annexes du numéro
→Profils des auteurs→Projet pour le nº 18 – 2024→Consignes aux auteurs→Publications du GERFLINTSynopsis
Depuis les débuts du structuralisme, les gestes ainsi que l’intonation ont été marginalisés comme relevant du plan de la parole, laquelle, contrairement à la langue dans la dichotomie saussurienne, ne pouvait pas constituer un objet de la linguistique au sens propre. Ainsi, le mimique-gestuel se voit encore souvent rangé sous l’étiquette de la communication non verbale, para-verbale, et reste réservé essentiellement aux études psychologiques, éthologiques, etc. où il est appréhendé avec toute sorte de manifestations et d’attitudes corporelles, telles que sourires, larmes, rougeurs, hoquets, etc. Or, la linguistique actuelle, après avoir réhabilité la prosodie à la suite de l’émergence des études de l’oral, remet également en cause l’approche du geste comme d’un phénomène exclusivement para-linguistique et complémentaire à une expression verbale, et manifeste un intérêt croissant pour l’étude du rapport profond et complexe qui unit le geste et le langage.
Ce numéro invite à une réflexion sur les notions de geste verbal et de geste mental dans une perspective interdisciplinaire et transversale de l’activité du langage. Les études réunies relèvent aussi bien de la linguistique que de l’analyse du discours, de la neurolinguistique, de la poétique formelle, de la néoténie linguistique, etc., en apportant ainsi un nouvel éclairage quant à la place du geste dans les sciences du langage.

