Discours sur la mémoire de l’histoire européenne : silences et dissonances
Coordonné par Adrian-Gabriel Corpădean et Robert Belot
Les silences et les dissonances de la mémoire européenne aujourd’hui. Introduction
Message de la secrétaire générale adjointe du Conseil de l’Europe
Le Fascisme italien entre histoire et mémoire. Le problème du musée à Predappio
Biais historiques et délégitimation du projet européen : une analyse du contre-récit nationaliste
L’enjeu du passé : la réécriture autoritaire de l’histoire de la Shoah en Hongrie
Quelques réflexions sur les persistances du passé communiste en Roumanie
Idéologie de la réconciliation et mémoire sans histoire. La dictature franquiste dans l’Espagne d’aujourd’hui
Histoire d’un lieu de mémoire du refuge européen : Le Chambon-sur-Lignon
Quelle place pour le mémorial des Stolpersteine en Allemagne à l’heure de la montée de l’extrême droite ?
Les entreprises de relecture de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale dans la Pologne actuelle (2015-2019)
Manifestations de l’héritage totalitaire de droite dans la Roumanie actuelle
D’un décret à l’autre : la mémoire de la Guerre Civile espagnole au travers du Valle de Los Caídos
Varia
La diversité transylvaine entre mémoire culturelle et métamorphose politique
Mémoire de l’esprit protestataire en Europe. L’année 1968 en Italie
Annexes du numéro
→Profils des contributeurs→Projet pour le nº 16 - 2021→Consignes aux auteurs→Publications du GERFLINTSynopsis
À l’origine de ce volume, il y a le constat d’une grave carence historiographique sur l’Europe et son histoire, et par conséquent un « déficit d’historisation et donc de nomination » (Denis Crouzet) qui a entretenu l’oubli de ce que le grand historien Alphonse Dupront appelait la « matrice d’unité » européenne. D’où un déficit de connaissance de soi, de conscience de soi, et finalement, peut-être, d’estime et de maîtrise de soi. Or, c’est par l’histoire que l’on peut tenter d’arriver à une meilleure compréhension de ce qu’est l’Europe : non pas un produit de la Providence ou du déterminisme biologique, géographique ou ethnique, mais « un fait historique » (Lucien Febvre) ou une « grammaire culturelle » (Fernand Braudel). Et si les déviances mémorielles actuelles, fleurissant sur le terreau vénéneux des peurs instrumentalisées, pouvaient être analysées comme un effet pervers de cette difficulté à comprendre et à connaître l’histoire de l’Europe, à appréhender l’Europe comme une création historique, prise entre ses « génies radieux » et ses « démons », comme l’écrivait l’écrivain allemand Jacob Wassermann en 1930, « toute lumière trouvant son équivalent dans d’égales ténèbres » ?

