Couverture de Synergies Roumanie nº 15Numéro 15 - Année 2020

Discours sur la mémoire de l’histoire européenne : silences et dissonances

Coordonné par Adrian-Gabriel Corpădean et Robert Belot

Les silences et les dissonances de la mémoire européenne aujourd’hui. Introduction

Robert Belot, Adrian-Gabriel Corpădean

Message de la secrétaire générale adjointe du Conseil de l’Europe

Gabriella Battaini-Dragoni

Le Fascisme italien entre histoire et mémoire. Le problème du musée à Predappio

Massimo Baioni

Biais historiques et délégitimation du projet européen : une analyse du contre-récit nationaliste

Robert Belot

L’enjeu du passé : la réécriture autoritaire de l’histoire de la Shoah en Hongrie

Nora Berend

Quelques réflexions sur les persistances du passé communiste en Roumanie

Adrian-Gabriel Corpădean

Idéologie de la réconciliation et mémoire sans histoire. La dictature franquiste dans l’Espagne d’aujourd’hui

Lourenzo Fernández Prieto

Histoire d’un lieu de mémoire du refuge européen : Le Chambon-sur-Lignon

Aziza Gril-Mariotte

Quelle place pour le mémorial des Stolpersteine en Allemagne à l’heure de la montée de l’extrême droite ?

Claire Kaiser

Les entreprises de relecture de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale dans la Pologne actuelle (2015-2019)

Audrey Kichelewski

Manifestations de l’héritage totalitaire de droite dans la Roumanie actuelle

Antoanela-Paula Mureșan

D’un décret à l’autre : la mémoire de la Guerre Civile espagnole au travers du Valle de Los Caídos

Anthony Sfez

Varia

La diversité transylvaine entre mémoire culturelle et métamorphose politique

Radu Albu-Comănescu

Mémoire de l’esprit protestataire en Europe. L’année 1968 en Italie

Anca Stângaciu

Synopsis

À l’origine de ce volume, il y a le constat d’une grave carence historiographique sur l’Europe et son histoire, et par conséquent un « déficit d’historisation et donc de nomination » (Denis Crouzet) qui a entretenu l’oubli de ce que le grand historien Alphonse Dupront appelait la « matrice d’unité » européenne. D’où un déficit de connaissance de soi, de conscience de soi, et finalement, peut-être, d’estime et de maîtrise de soi. Or, c’est par l’histoire que l’on peut tenter d’arriver à une meilleure compréhension de ce qu’est l’Europe : non pas un produit de la Providence ou du déterminisme biologique, géographique ou ethnique, mais « un fait historique » (Lucien Febvre) ou une « grammaire culturelle » (Fernand Braudel). Et si les déviances mémorielles actuelles, fleurissant sur le terreau vénéneux des peurs instrumentalisées, pouvaient être analysées comme un effet pervers de cette difficulté à comprendre et à connaître l’histoire de l’Europe, à appréhender l’Europe comme une création historique, prise entre ses « génies radieux » et ses « démons », comme l’écrivait l’écrivain allemand Jacob Wassermann en 1930, « toute lumière trouvant son équivalent dans d’égales ténèbres » ?