(Co)habiter le monde. La Terre, les vivants et les humanités
Coordonné par Cristina Álvares
Caser les vivants
Maillage/quadrillage : Le cohabiter contemporain au prisme du roman Melmoth Furieux, de Sabrina Calvo
L’Arche dans l’art : thème, variations, déplacements
De la chose à la cause animale. Basculement de la conscience du vivant : 180 jours d’Isabelle Sorente
F(r)ictions de la mondialisation : attention littéraire et écodystopie chez Vincent Message
La dé/re/composition du monde
Fracture raciale et critique de la modernité
Fracture humaine et post-anthropocentrisme
Symbiosis and epigenetics: “bridges” for a unified biology?
Tu es ma raison d’être : le système moi-autrui et les modes d’habiter le monde
Projet artistique participatif : Qu’est-ce qui vous compose ? Des portraits en partage
Partage de souffles, partage du monde. Des perspectives écologiques dans Ouf de Laurence Vielle
Pour une poétique du vivant : Les neuf consciences du Malfini, une fable écologique
Varia
Annexes du numéro
→Profils des contributeurs→Projet pour le n° 11 - 2023→Consignes aux auteurs→Publications du GERFLINTSynopsis
Le préfixe éco (écologie, économie, écoumène) vient du grec oikos qui signifie maison, habitat. Éco indique donc que la Terre est la maison commune des vivants, humains et non humains, semblables et dissemblables. Mais alors que la perspective écologique présente le monde comme espace de coappartenance et de partage de tous les habitants de la Terre, l’expansion entropique des lieux d’entassement, de confinement et d’effacement des vivants – camps, bidonvilles, ghettos, bâtiments d’élevage intensif, abattoirs – sous-tend le devenir-inhabitable du monde et la détresse qui l’accompagne. La perte et la fragmentation des habitats constituent la principale cause d’extinction des espèces. L’augmentation exponentielle du nombre de réfugiés (cent millions) signale qu’il y a de plus en plus de vies humaines privées de leur habitat, de leur domicile, de leur pays, de l’écosystème qui les enveloppait. Dès lors, l’un des traits majeurs de l’Anthropocène est l’accroissement du nombre d’êtres vivants dépouillés de chez soi, refoulés dans des lieux où le chez soi est inviable ou rudement précarisé. Ce dossier réunit des articles qui abordent la représentation du devenir-inhabitable du monde dans les imaginaires contemporains et interrogent la création littéraire, artistique et philosophique de nouvelles modalités de cohabitation des terrestres.

