Couverture de Synergies Portugal nº 10Numéro 10 - Année 2022

(Co)habiter le monde. La Terre, les vivants et les humanités

Coordonné par Cristina Álvares

Synopsis

Le préfixe éco (écologie, économie, écoumène) vient du grec oikos qui signifie maison, habitat. Éco indique donc que la Terre est la maison commune des vivants, humains et non humains, semblables et dissemblables. Mais alors que la perspective écologique présente le monde comme espace de coappartenance et de partage de tous les habitants de la Terre, l’expansion entropique des lieux d’entassement, de confinement et d’effacement des vivants – camps, bidonvilles, ghettos, bâtiments d’élevage intensif, abattoirs – sous-tend le devenir-inhabitable du monde et la détresse qui l’accompagne. La perte et la fragmentation des habitats constituent la principale cause d’extinction des espèces. L’augmentation exponentielle du nombre de réfugiés (cent millions) signale qu’il y a de plus en plus de vies humaines privées de leur habitat, de leur domicile, de leur pays, de l’écosystème qui les enveloppait. Dès lors, l’un des traits majeurs de l’Anthropocène est l’accroissement du nombre d’êtres vivants dépouillés de chez soi, refoulés dans des lieux où le chez soi est inviable ou rudement précarisé. Ce dossier réunit des articles qui abordent la représentation du devenir-inhabitable du monde dans les imaginaires contemporains et interrogent la création littéraire, artistique et philosophique de nouvelles modalités de cohabitation des terrestres.